06 août 2007
De la météo en voyage...
Où
le Voyageur Solitaire nous parle de la pluie & du beau temps.
A noter que ces chroniques sont publiés avec un léger retard étant donné
que le Voyageur Solitaire se trouve actuellement au Japon. Soit. Nous nous
efforcerons de publier désormais tout les 2 ou 3 jours, pour que les fidèles
lecteurs puissent suivre presque quotidiennement ces magnifiques aventures.
Pas de photos ce coup-ci, mais d'ici quelques jours, il y en aura...
"Comme, vous l'aurez noté,
j'adore parler du quotidien et que les description de montagnes m'emmerdent.
Comme, je dois bien l'avouer, je ne lis jamais, mais absolument jamais les
mails groupés de tocards en voyage persuadés de vivre une expérience unique.
Comme je me fous éperdument des émotions des gens face à un spectacle
grandiose. Qui n'ait de curiosité que pour les trous de serrures et les
anecdotes futiles. Encouragé, en plus, par le rédacteur en chef du 120ème
Art, à savoir Samos Steinos, j'ai fini par me dire qu'il fallait vous parler de
choses qui vous intéressent vraiment, à savoir le temps qu'il fait...
A force d'envoyer des mails
a mes proches et de m'apercevoir, non sans tristesse je dois l'admettre, que
les caprices météorologiques les atteignaient, je me suis enfin décidé, à mon
tour, de vous parler du temps qu'il fait. Ami voyageur, arrête de faire chier
tes proches avec tes émotions, la pluie, ça c'est un sujet ! J'en vois déjà
dans le fond certains qui ricanent, parce que persuader qu'aujourd'hui, je n'ai
en fait rien à dire. Pauvres, pauvres imbéciles, je meuble depuis le début si
vous saviez. Vous pensez sincèrement que j'ai vraiment quelque chose à foutre
des vendeuses de train et du karaoké ? Non ! Bon !
Donc, aujourd'hui, à
Guangzhou (Canton), il fait une chaleur à crever ! C'est infernal en fait. Le
moindre pas me fait perdre entre un et deux litres de flotte. Je passe mon
temps à boire et a m'asseoir tant la chaleur humide est écrasante. Intéressant,
hein? Et puis... Et puis, elle est là, enfin, celle que vous attendiez tous,
celle sans qui je n'aurais jamais commencé à écrire cette chronique, oui, elle
est là, la rue commerçante avec ses mille grands magasins équipés de
climatisation. Cette simple rue aurait très bien pu s'appeler, je ne sais pas,
pizza hut street, ou je ne sais pas, MacDonald road mais non, elle a pris le
stupide nom de Jiefang Zhonglu, c'est ridicule non? Ha! Merveilleuse économie
d'Etat! Comme ici, tout est fait pour toi gentil consommateur, nous allons tout
faire pour t'être agréable. En fait, ici, les clims sont tellement poussées que
même la rue est fraîche. Ici, ma chemise sèche peu à peu. J'arrête d'être
liquide. L'atmosphère devient peu a peu plus supportable. Tu es tellement bien
ici que tu supportes même les rabatteurs qui te harcèlent pour te vendre mille
choses. A la façon dont ils insistent, ils doivent être payés a la com'.
Communisme, communisme quand tu nous tiens! Le tout évidemment au milieu
des grandes enseignes que nous
connaissons tous.
Enfant gâté je suis, enfant
gâté je reste, ce spectacle ne me satisfait pas pleinement. J'ai besoin d'aller
tâter la ville par son ventre. Au hasard des rues, je finis par tomber sur
le Rungis local. Une multitude de ruelles avec des milliers de choses à
vendre, encore.... Des vêtements bien sûr, mais aussi de la bouffe, des tonnes
de bouffes. Des trucs improbables. D'autres qui puent grave. D'autres encore
qui t'ouvrent grand l'estomac. De plus, comme cette ville est depuis très
longtemps ouverte aux étrangers, cela confère un anonymat presque total
et très agréable... Je fais des photos, je me nourris de mille saveurs. Bref,
je passe une excellente journée sous un soleil de plomb, j'y reviens,
hein!
De retour à l'hôtel, ma
chemise est trempée. Mais vraiment hein! Du type, je me suis pris un seau
de sueur sur la gueule. C'est en rentrant dans mon dortoir que je me rends
compte que rien ne sera plus jamais comme avant. Je suis avec deux
tarés de la clim. Deux fous en puissance. De chaleur à crever, je passe à froid
polaire. Il y a de la condensation sur les fenêtres, c'est dire. J'ai
l'impression que l'on vient de me coller 72 glaçons dans la bouche et 204 sous
ma chemise. Ce sont des chinois, toute lutte est inutile. Ils accepteront de la
couper avec toutes les politesses du monde pour la remettre à bloc dans deux
heures maximum.
Avant de me glisser dans
mon lit, j'enfile un pull pour ensuite me glisser sous la couverture. Tout en
sachant que la température extérieure est de 27 degrés. Le lendemain, je suis
réveillé par le froid. J'ai les mains gelées. Les deux chinois quand a eux sont
a l'extérieur de leur lit en slip et en marcel. Toujours à la limite de la
classe mais sans jamais y tomber, hein! Dans le fond du dortoir, j'entends
tousser. Deux israéliennes pas assez couvertes viennent de contracter une
angine. Les filles, si vous voulez une adresse pour vous faire
soigner, j'ai un bon plan en Russie.
Après une bonne douche
chaude, je sors pour aller me taper quelques bouchées aux crevettes. Je tombe
de nouveau sur la dure loi météorologique, il fait au moins 35 degrés avec un
taux d’hydrométrie de 180 %. Ma chemise est trempée dans les
trente secondes et ma douche est déjà pourrie. Sur la route,
je croise l'un des fous du dortoir. Il me demande poliment si j'ai
bien dormi. Comme je n'ai pas non plus envie de le froisser je réponds par un
simple "bien". Lui, m'avoue avoir mal à la gorge et se demande
si ce n'est une des israéliennes qui lui aurait refilé quelques chose. Sous le
soleil de plomb, mes mains moites se crispent. J'ai envie de le gifler,
je sais pas pourquoi... Sinon, la journée fut ensoleillée avec quelques ondées en
milieu d'après midi..."
02 août 2007
De la vente, dans les trains, en Chine
Où le Voyageur Solitaire s'appercevra qu'en Chine, on ne rigole pas avec la vente d'objet.
"Camelots de tout les pays, unissez vous! Petits vendeurs du dimanche et commerciaux basics, tremblez! Et croyez moi, les bons n'ont qu'a bien se tenir! Face au rouleau compresseur chinois, la lutte sera sans merci, rude, acharnée, sanglante... Tout commence là où ne l'attend pas. Dans un train. Je relie un point a un autre, je vis de plus en plus mal mon manque d'originalité, croyez le bien. Je fais comme tout le monde, je regarde par la fenêtre, je m'endors, me réveille, regarde de nouveau de l'autre côté de la vitre, mon ventre gargouille, je mange, je dors de nouveau le visage écrasé sur ma main le tout tenu par un accoudoir branlant, je me réveille de nouveau puis commate définitivement en regardant les rizières défiler.
Et puis... Et puis, comme pour tirer de sa rêverie ambiante dans lequel tout le wagon se noie sans finalement la moindre résistance, elle arrive, elle, cette jeune employé du réseau ferroviaire populaire de Chine. Avant ses premières paroles, tandis qu'elle porte péniblement un panier remplis de mille choses, je ne me doute pas encore que je suis face à une diva de la vente, à un monstre de la communication, à celle qui contribue au redressement de l'économie chinoise... Elle se place au milieu du wagon, lève le ton pour attirer l'attention, le chinois est badaud, facile a captiver, elle l'a, à priori plus que compris, et le plus sérieusement du monde donc, elle sort une toupie de sa boite et présente les mille et une possibilités que présente cette dernière. Elle la fait pivoter sur sa main, puis chacun de ses doits, sur son coude, au bout d'une ficelle, type diabolo, la fait jongler de main en main, puis sur les pieds, puis sur une main dans l'assistance. Le tout le plus sérieusement du monde, en matière de vente, les chinois n'ont pas beaucoup d'humour à vrai dire. Depuis ses effets de jonglage, il n'y a plus un bruit dans le wagon. Le public est fasciné, c'est admirable! La séquence toupie dure une dizaine de minute histoire de bien faire l'article...
Une fois fini, c'est l'enchaînement, sans transition, elle sort une barre modulable aux couleurs chatoyantes avec laquelle il est possible de faire de multiples sculptures. Et sous vos yeux ébahis messieurs dames, les combinaisons s'enchaînent. Une tortue, puis un oiseau, suivi d'un revolver, la poésie a ses limites, terminant avec quelques formes géométriques. Pour aller plus loin encore dans le vif du sujet, si vous n'achetez pas une mais deux barres, vous pourrez alors façonner un immense bonhomme, une maison classique et... et deux magnifiques coeurs emboîtés l'un dans l'autre. Ca n'est pas tellement t magique tout ça ????
Tandis que la dite barre commence à faire son petit effet dans l'assistance, plusieurs personnes sont déjà le nez dans le panier avec des toupies en main. Que les choses soient bien clair, ce ne sont pas des enfants mais des adultes. Imperturbable, pendant qu'elle encaisse l'argent, elle finit sa démonstration avec une paire de semelles qui masse les pieds. Il y en a pour tout le monde et pour tous les goûts, allons y messieurs dames, tout doit disparaître. C'est quasi l'hystérie, tout le monde veut quelque chose quand ça n'est pas les trois.
Plus tard, en allant me repoudrer le nez, j'ai croise cette jeune vendeuse faire de nouveau la combinaison des coeurs, mais en séance privée. Gentil client, si tu n'as pas bien suivit, nos vendeuses se feront un plaisir de te le montrer de nouveau et autant de fois que tu le souhaites. Elle refait les mêmes gestes le plus sérieusement du monde sous des yeux emplis de joie et de reconnaissance de la part des clients dissipés.
La suite du voyage parait bien monotone. Je suis quand même pris d'un fou rire en imaginant René, employé sncf, syndicaliste de la première heure en train de faire la même chose puis je m'endors de nouveau. Je suis réveillé quelques minutes plus tard par un petit bambin à qui la mère a pourtant offert le package mais qui préfère s'éclater avec un plateau en métal qu'il cogne contre la tablette qui est devant lui et, qu'à certaines occasions, il balance par terre. Ici, l'enfant roi n'est pas une légende, sa mère lui remet dans les mains à chaque fois qu'il tombe dans l'impassibilité générale. Moi, ça m'exaspère, mais je crois que tout le monde s'en fout. Parfois, je croise le regard de la pitite vendeuse. Elle est pleine de charme qui depuis qu'elle ne vend plus est devenue très souriante. Une fois de plus, je suis face a la barrière de la langue, pourtant, une question me brûle les lèvres:" Mlle, vendriez vous des plateaux en mousses ?"
01 août 2007
De l'art de séduire...
Où le voyageur Solitaire nous parle un peu plus crûement :
Chers vous,
Je suis parti depuis plusieurs mois maintenant et je viens de faire une terrible découverte. Vous ne pouvez imaginer dans quelle confusion et dans quel embarras je me trouve à l'instant où j'écris ces lignes. Instant rongé par les remords et accablé par la honte, avec une légère baisse de tension, il faut bien l'admettre, et un coeur emballé par les angoisses successives. Oui, vous qui suivez ma route depuis si longtemps maintenant, je ne m'aperçois que maintenant, et c'est vraiment à regrets, je m'aperçois donc que je ne vous ai pas encore parlé de cul! A bien y réfléchir, j'en suis même arrivé à me dire que vous même étiez mort d'inquiétude tant vous savez, et pour cause, que j'utilise en moyenne 98% de mon temps a dragouiller n'importe quoi et que je partage les 2% restants entre mon travail et le passage a l'acte, c'est dire si j'ai une activité sexuelle épanouie.... Le fait que j'ai autant de temps pour vous écrire vous intriguait, allez, avouez!
Tout cela, je m'en suis vraiment rendu compte lors de mon passage à Hong Kong. Probablement la ville, et pour cause, la ville plus occidentalisée de Chine. Ici, les femmes sont très femmes. Je ne sais pas vraiment comment le décrire à vrai dire, ça n'est pas vraiment palpable, c'est plus une attitude générale, une plus grande mise en valeur du corps, des regards et une façon de tenir leurs rouleaux de printemps qui en disent long... Mais je m'égare!
Alors, il m'a fallu trouver une explication rationnelle à ce silence. Pour commencer de façon la plus claire, je dirais qu'entre molard et façon de manger donc, la Chine n'était pas le pays le plus érotique qui soit. Je ne sais pas qui a écrit "nuit de Chine, nuit câline", mais je serais curieux de savoir par quoi il a été inspiré. Pour parler d'autre chose que de leur façon de faire, je serai tenté de dire que la Chine n'est pas non plus une société machiste. J'ai rarement vu un pays ou autant de femme faisait des métiers d'hommes et inversement. Mais alors, ou est le problème me direz vous? Tout va bien même, puisque j'évolue dans une société que pas même les plus féministes d'entre vous n'oseraient rêver. Sauf qu'une société égalitaire, mais c'est très personnel, n'engendre pas l'affirmation. Bref, pas de machisme, pas de féminité, et moi, la féminité, j'aime ça! C'est au hasard des rues que je me suis remémoré ce que disait Guy Delisle lors de son passage a Pyongyang lors d'une soirée avec des expatriés. Il avait oublié que les femmes pouvaient avoir autant de formes et que surtout, elles puissent autant en jouer. C'est dans la Nathan road que pour moi aussi tout s'est éclairé. Elles étaient là. Belles. Insouciantes du désir qu'elles provoquaient dans mon petit coeur encore fragile. "Mais ou étiez vous femmes superbes? Sauriez vous me cacher plus longtemps vos chaleurs interdites madame?" mais une fois de plus, je m'égare.
C'est vraiment en voyage que la question sur le hasard et le destin se manifeste le plus vivement. Lorsque je rédigeais ce texte, je suis tombé sur une publicité dont il me faut a tout prix vous narrer le contenu. Trois jeunes femmes se plaignant d'un physique sans forme nous proposent la solution miracle tandis que leurs regards s'épanouissent de joie. En effet, vient d'être lance sur le marché, un wonderbra, jusque là rien de nouveau, un corset pour la taille, comme pour nos grands mères et... Et la culotte rembourrée pour avoir plus de fesses. Dans mon désoeuvrement sexuel, j'imaginais ma tête en déshabillant une jeune femme ayant la panoplie complète. Quelle monstrueuse déception! Quelle infamie! Quelle arnaque!
Et puis, de retour dans les grandes villes, je me suis aperçu que Hong Kong n'était finalement pas si loin. Pourquoi cela m'a frappé dans cette ville? Je n'en sais fichtre rien ! A force de voyager, l'évidence s'est simplement montrée sous tous ces angles. Plus les villes sont grandes, plus les femmes ressemblent à des femmes. Plus les hommes ont de grosses voitures, un téléphone portable multi fonctions et une gourmette en or. Bref, plus les villes sont grandes, plus les gens nous ressemblent. Je préférais quand ils étaient égaux finalement....
26 juillet 2007
Un léger retour en arrière...
Un léger retour en arrière, donc.
Il y a quelques temps, le Voyageur
solitaire, nous avais demandé d’arrêter de publier texte & photos. Non pas
qu’il risquait sa vie, mais les autorités chinoises n’avais pas appréciés la
cargaisons de stickers « 120ème Art» qu’il trimballais
avec lui. Après un contrôle plutôt antipathique, ces mêmes autorités avais
gardé lesdits stickers ainsi que la photocopie de son passeport.
Voici quelques images de ces derniers temps, avec donc, plus d’un mois de retard…
( commentaires justes en bas)
"Je te commente juste vite fait les photos d'hier et
d'aujourd'hui. On m'a recommandé d'être plutôt prudent avec le net, surtout
après le fameux contrôle. Je te raconterai plus en détail plus tard.
Donc, tu as des croix gamées, je sais que tu sauras
apprécier. Des rues de Pingyiao, une petite ville dans le plus pure style
chinois. Ma chambre. J'aime te faire partager mon quotidien. De sombres
divinités dont j'ai oublié le nom. Un règlement pour touristes, je sais que tu
n'y figures pas mais vu que tu es anglophone confirmé, je me suis dit que ça
pourrait t'intéresser. M. Lee, une chaîne de fast food typiquement chinoise, tu
connais ma passion pour ces derniers. Un crachoir, il y'en a à tous les étages
des hôtels pour chinois qui, depuis peu, ouvrent leurs portes aux étrangers. Je
trouve la composition intéressante et tu peux noter qu'il est bien rempli.
Une
salle d'attente de gare comme tant d'autres. Elles se ressemblent toutes. Une
autre de mes multiples chambres. J'adore l'éclairage néon, ça me rappelle le
boulot. Les chiottes des hôtels pour chinois, la cloison m'arrive au nombril ce
qui est pratique pour créer des contacts. Ce qu'il font de l'architecture
coloniale, pragmatisme quand tu nous tiens. Un autre règlement pour les non
bilingue, et que je ne te vois pas avec un marcel... Un pont que je trouvais
impressionnant. La dernière, si tu agrandis, ils jouent au billard sous le
periph... Voila, pleins de bises, y a du monde qui attends mais je t'écris plus
tard...
J."
Très bientôt, le Voyageur solitaire, nous livrera de fameuses chroniques qu'il écrit au fil des jours.
Tiens bon Voyageur, nous sommes avec toi.
16 juillet 2007
un bol de nouilles...
Une experience dramatique du restaurant par le Voyageur Solitaire. Ou l'on apprendra qu'il faut se mefier des restaurants, parfois...
Place au Verbe du Voyageur :
"Ami du Renardo crew, si l'envie te prenait, là, comme ça maintenant, de manger a côté, au mieux, ou en face, au pire, d'un chinois, alors... Alors, les fins de soirées chez Sammy te sembleront bien monotones...
Depuis un mois, cher toi qui me lis régulièrement, depuis même bien plus de trente jours finalement, j'essaie d'entrer dans les tréfonds de l'exotisme par la porte de sortie, n'en déplaise à Muppy. J'essaie d'alimenter comme je peux la chronique des voyages ordinaires. Bref, je suis dans le "Julien a testé pour vous les hôpitaux russes, les soirées sons et lumières. Bref, ce soir en direct de l'aventure, une nouvelle expérience extraordinaire, que dis-je, un moment époustouflant, que dis-je? Un instant merveilleux. Sauf que l'aventure, cette fois, était vraiment au coin de la rue....
Donc, tandis que je m'assois après avoir galéré pendant 10 minutes dans de vaines explications culinaires, tandis que mes fesses se posent sur le tabouret, le silence se fait. L'exotique ici, c'est moi, et pas l'inverse. Pour l'instant, nous n'en sommes qu'au hors d'oeuvre et il y en a juste quelques uns qui me regardent fixement en mâchant la bouche ouverte. Certains autres tirent sur leurs clopent tout en continuant de manger. J'ai été un gros fumeur, je dois bien l'admettre, mais fumer en mangeant, ça me dépasse un peu. Non seulement du côté peu ragoûtant de la chose, c'est surtout que je trouve finalement ça assez peu pratique, surtout avec des baguettes, mais je parle pour moi bien sûr... C'est au milieu de cette atmosphère enfumée que je m'affaire donc sur mes nouilles. Pour faciliter les choses, j'ai pris exactement la même chose que mon voisin d'en face, je ne sais finalement pas si j'ai fais le bon choix. Ce clopeur fou, parmi tant d'autres, a le nez dans son bol, les nouilles faisant le lien jusqu'a la bouche, voir jusque l'estomac tant j'ai l'impression qu'il ne mâche pas. Le tout se fait évidement dans un bruit d'aspiration des plus sonores. C'est magnifique, vraiment! Je jette un coup d'oeil autour de moi pour voir si je suis le seul a me faire ce genre de remarque. C'est a ce moment la précis que tout bascule. Mon voisin de droite m'éructe violement a l'oreille avant de s'allumer une inévitable clope mais en prenant bien soin de m'en proposer une avant. A peine plus loin, mais je ne saurais dire où exactement, j'entends quelques aspirations bien sur, suivies de quelques pets, suivis d'autre rots suivis eux mêmes de douilles raclements de gorge avec le mollard qui ensuite s'écrase sur le sol... Et cela dans l'indifférence générale parce que sinon, c'est pas drôle... Tandis que j'essaie de me concentrer comme je peux sur mon propre bol, je m'aperçois que mon coude gauche, celui qui tiens ma tête, est collé à la table tant cette dernière est poisseuse. Mon estomac se resserre peu a peu. La nourriture est pourtant très bonne, c'est l'ambiance générale qui me pèse. Le service est très bien, je suis vraiment aux petits soins. Ma tasse se thé est continuellement remplie et l'on me propose en permanence un peu plus de soupe. Rien n'y fait, je me lève et m'en vais. Avant de franchir la porte, on me retient par le bras. Ils m'ont mis mes nouilles dans un sac plastique pour que je les mange plus tard. Ils y ont pensé, comme c'est gentil...
Le lendemain, j'avais mis mon réveil tôt pour attraper un bus. Ce dernier a à peine sonner qu'un chinois avec qui je partage le dortoir se lève et me pique la place dans la douche qui fait aussi toilette. Un peu énervé, je commence a faire la queue pour que l'on ne me pique pas ma deuxième place. Pendant que j'attends, un autre me passe devant sans se poser de question. Il entre dans la douche et à l'oreille, je perçois qu'il fait ses besoins tandis que l'autre se lave, le tout en entamant une discussion des plus courtoises... Ils sont sans pitié!"
En attendant les prochaines photos, régalons nous d'un petit bol de soupe chinoise liophilisé...
10 juillet 2007
des nouvelles de Hong Kong
Comme nous avons pu le voir, le voyageur solitaire se promène du côté de Honk Kong...
Il nous ramène quelques clichés...
"Alors,
cette fois, tu as: une galerie de portrait, comment mettre ton argent a la
banque en bande dessinée, un panneau indiquant Shenzhen, un petit clin d'œil a
Guy Delisle que tu comptes sûrement parmi tes futurs amis, la baie de Hong Kong
avec un bâtiment de guerre français (j'ai mis sur papier un dialogue que j'ai
eu avec un des plancton, je te l'envoie plus tard), une gamme de sous vêtement,
des buildings hongkongais, des interdictions encore, des photos coquines mais
soft, hein! Le café Bruce Lee et sa statue, l'emblème du scout hôtel, et oui, ça
existe! La baie ou s'est passe le drame du son et lumière, et les sacs a vomi
que l'on distribue dans les bus..."
Bientôt d'autres choses....
06 juillet 2007
du son & de la lumière
Des nouvelles du voyageur solitaire sur le son & lumière...
"Il y a des choses que l'on a tendance à oublier. Des choses qui s'effacent de la mémoire, et pour cause. Il est des mystères insondables dont on ne trouve jamais la moindre explication. La vie est d'une complexité écrasante finalement... Mais ici, à Hong Kong, on te rappelle à l'ordre et c'est rien de le dire.
Donc, tandis que je venais a peine de poser
mon sac dans un de ces nouveaux hôtels lugubres. Tandis que la chaleur quittait
le moite pour tomber dans l'humidité la plus profonde, je me suis décidé, comme
tout le monde en fait, autant dire que j'ai suivi le flux, à aller me promener
comme un con sur la baie pour aller voir les buildings scintiller dans le
soleil couchant. J'aurais aussi bien pu m'empresser à aller me mater un bon
vieux Bruce Lee sur grand écran ou me faire de nouveaux amis dans un quelconque
bar glauque. Goûter aux spécialités locales ou sympathiser avec le gérant
népalais de mon hôtel... Mais non! Il a fallut que j'aille comme un con user
mes godasses le long de la baie tel un désœuvré...
Ce qui est frappant ici, c'est le côté New
York asiatique, la comparaison est vraiment flagrante, en plus petit bien sur,
plus provincial finalement, mais avec un délire de modernités aussi bien dans
les lignes architecturales que dans l'attitude générale des gens. Ca grouille
dans tout les sens, ça parle toutes les langues, sensation plutôt agréable
après un mois de mandarin auquel je ne comprends évidement rien et qu'en
général on me gueule au travers des oreilles... Bref, tandis que les immeubles
scintillent, le calme prend sa place au milieu des cornes des bateaux, pas mal,
non? Enfin rassure toi, à 20h, c'est le drame. Tu avais oublié l'existence
du son et lumière petit scarabée. Tu avais oublié cette kitcherie sans nom?
Dans ta pensée, loin était cette pollution aussi visuel que sonore? Et bien
ici, on te la colle en pleine gueule a 20h pétante. Ce que je reproche à ce
type d'évènement ce n'est pas tellement l'acte en lui même. Je n'en veux même
pas au type qui l'a inventé, non! C'est aux autres que j'en veux! Comment des
gens ont ils pu dire au type qui trouva l'idée pendant probablement une nuit
d'orage, sombre et glauque: "Hey! Mec! Pas mal ton idée! Tu as
d'autres projets?"Alors ça, ça me fascine! Non mais t'imagines tu dire en société,
la, comme ça, gratuitement:"J'aime les sons et lumières". Vas y,
essaye devant ta glace! Ou pire, comme un aveux:"J'ai une passion cachée
pour les sons et lumières!" Comment veux tu avoir une discussion sérieuse
avec une personne capable de dire ce genre de chose? En générale, tout s'enchaîne
très vite:"J'aime les sons et lumières et Nicolas Sarkozy, y dit pas que des
conneries en fait!" Et la boucle est bouclée...
Mais ici, j'étais seul avec mon mépris. Ce
spectacle aurait fait baver tout les Jean Michel Jarre du monde, d'ailleurs,
rien ne dit qu'il n'était pas aux commandes ce soir la. Les effets de
styles étaient ponctués de hooooooooooo! et de haaaaaaaaaaaa! de la
part d'un public, o combien, comble. Sans oublier bien sur les
applaudissements fournis avant la terrible séparation... Ne t'inquiète pas, je
t'en ai enregistré quelques séquences que je me ferai une joie de partager
avec toi et avec qui veut lors de mon retour. Au fait, tu n'as jamais
pensé a ça toi? Ca serait tellement alternatif venant de toi!
Alors, pour penser à autre chose, je suis
parti avec ma haine sous le bras pour trouver un restaurant ou l'on aurait la gentillesse
de me servir autre chose que du piment. Je me suis arrêté dans le premier
boui-boui qui avait une photo de riz cantonnais en vitrine. J'ai dîné seul avec
mon mépris face à une télé. Il y avait eu ce jour là un sévère accident sur une
autoroute. Les asiatiques ne sont pas encore dans l'esthétisation de
l'information. Plan sur les draps blancs imbibes de sang bien sur, mais aussi
sur les corps coincés dans les carcasses, un ou deux visages tuméfiés à la va
vite sur des corps sans vie, bon appétit, bonsoir, faites de beaux rêves...
Plutôt que de voir la soirée dégénérer et
comme j'étais un peu crever, j'ai préféré rentrer. Le néon de ma chambre
clignotait et mon ventilateur raclait a chaque tour. Un son et lumière ultra
cheap en quelque sorte... Il est des jours maudits...
Pleins de bises vieux...
J."
Très bientôt des photos...
21 juin 2007
Où le Voyageur solitaire semble tendu...
Des nouvelles, nous en avons eu.
Mais il semble que le voyageur solitaire a eu quelques soucis avec les
autorités.
Oh, rien de grave, mais pour sa sécurité, nous ne publierons aujourd'hui que le
SMS reçu directement de Chine la semaine dernière...
"Attends un peu avant de mettre le texte & Photos sur Mao en ligne. Y a pas mal de contrôles et tes stickers sont passés un peu juste. Ils ne savaient pas ce que c'était mais ils en ont pris avec 2 copies de mon passeport en plus. Le tout sans le moindre sens de l'humour. Tu ne pourras les diffuser que lorsque je quitterais le pays. Désolé..."
D'autres nouvelles très bientôt...
27 mai 2007
Changement de plan à Vladivostock...
Où le Voyageur Solitaire change ses plans...
(Pour une meilleure compréhension, nous avons grossi les caractères typographique du Voyageur solitaire mais le texte est d'origine...)
"Pour commencer, les raisons du silence.
Une de ces fameuses
bonnes angines que l'on ne prend pas à temps et qui par la force des choses
finissent par te traîner a l'hosto.
Pas que c'était si grave mais je suis
arriver un samedi soir dans un bled du nom de Magadan et le dimanche, niveau
sanitaire, la seule chose qui fonctionne, c'est l'hôpital.
J'avais la gorge
gonflée à bloc et pas vraiment le courage d'attendre le lundi. J'arrivais plus
à parler, les yeux vitreux.
Je devais avoir l'air tellement sonné qu'ils ne
m'ont pas laissé repartir et m'ont imposé le lit pendant trois jours.
De toute
façon, les deux premiers jours, c'est tout juste si j'arrivais à me
lever.
En ce qui concerne l'hôpital, en Russie,
disons que c'est pas vraiment ça. Je te passe les dortoirs mixtes ou sont
mélangés les phases terminales avec les angines aigus.
Je passe sur la bouffe,
je préfère ne plus y penser et effacer ça à jamais de ma mémoire.
Je passe
aussi les rares sourires dorés des infirmières, façon Joey Starr.
Je passe
sur beaucoup de choses, tu peux le noter, mais jamais, au grand jamais, je ne
pourrais faire l'impasse sur leurs programmes télés.
Il a fallu que je vienne a
l'hosto pour enfin avoir la télé dans ma chambre.
C'est à dire que pendant
que certains sont sur le seuil de l'autre monde et que d'autres ont une angine
mal placée, la télé hurle dans la pièce, histoire que les futurs trépassés n'en
loupent pas une miette jusqu'a la dernière seconde.
Donc, cette TV, en
plus de m'avoir fait découvrir de bon vieux policiers français des années 70
avec Alain Delon, écrit pour Alain Delon et réalisés pour Alain Delon, ou tout
le monde est très sérieux, tue froidement et n'a aucun sens de l'humour, le
tout dans un décor, même Navaro n'en voudrait pas.
Nous n'avons pas loupé grand
chose avant notre naissance mon vieux. Je te passe aussi les bonnes vieilles
séries américaines doublées avec une seule voix pour tout le monde. Les bonnes
séries russes des années 70-80, qui très étrangement ressemblent beaucoup aux
américaines mais avec plusieurs voix donc. Figure toi qu'au milieu de tout ce
drame télévisuel, j'ai accroché sur une série " Karana". Pas
que le scénario en soit très développé mais c'est sûrement pour ça que j'ai
compris et tu vas vite comprendre ou je veux en venir.
L'action se passe au début du 20ème siècle, en fin de parcours, on apprend que c'est en 1918 exactement. Quatre jeunes de moins de 20 ans, 3 garçons, 1 fille se débattent comme ils peuvent pour survivre dans ce monde hostile. Un garçon et la fille sont de types européens, un garçon et de type caucasien et l'autre asiatique. L'action se passe aux alentours du lac Baïkal, qui, je vais te surprendre, est une région relativement aride aux heures les plus chaudes de l'été. La suite est juste un véritable western. Tout y est. Coup de feux. Braquages. Attaques de diligence, de train. Indigènes pourchassés ou pourchassant. Le tout finalement sur un fond de révolution dont nos quatre héros feront finalement partis des nombreux héros de l'époque, salués évidement par le camarade Staline en fin d'épisode avant le générique ou quatre hombres a cheval s'en vont vers d'autres aventures sur un fond de soleil couchant. La série date de 62 exactement et elle est, a priori, encore très populaire aujourd'hui.
Plusieurs fois, j'ai imaginé John Wayne débarquer dans le décor avec sa horde de Power Rangers et de bons sentiments républicains et protestants. Finalement, ça ne me semblait pas si impossible que ça. Alors, et je sais que je vais en gonfler plus d'un mon vieux, peut être toi le premier d'ailleurs, j'ai fait une corrélation entre la culture russe et américaine et j'ai finalement bien peur que ces deux nations ne soient finalement pas si différentes. Ceux que ça gonfle peuvent arrêter de lire de toutes façon.
Depuis que j'ai quitté l'Oural, région charnière entre l'Europe et l'Asie, la plupart des villes ne sont pas très vieilles. Pour certaines même ne datent que des années 60. Un exemple plus parlant peut être, Vladivostok n'a pas tout a fait 150 ans. La véritable conquête de l'est n'a commencé que vers 1880 lorsque la Chine et le Japon ont commencé a s'intéresser d'un peu trop près a des terres qui étaient sensées appartenir à la Russie, mais qui dans les faits appartenaient plus à des petites peuplades.
Pour ceux qui connaissaient vraiment mes projets, à savoir
la traversée du détroit de Béring pour ensuite longer les US, seront peut être
surpris par mes brusques changements mais je m'explique. Pour rejoindre la
région autonome du Tchoukotka, il faut déjà passer la république de Sakha.
J'ai
fait comme j'ai pu jusqu'à Magadan ou je suis donc tombé malade. Pour de
simples raisons météorologique, ce trajet s'est avéré très galère et par moment
franchement dangereux. Pas de route. Chemins, genre rivière de boue a cause de
la fonte des neiges. Vieux moteur qui lâche toutes les 20 bornes. Bêtes qui
traînent.
Puis une fois sur place, la police qui s'en mêle. Pas de laisser
passer, donc pas de progression possible. Les locaux me disant même que la région
du Tchoukotka, en plus d'être réputée pour ses ours, l'est aussi pour ses
règlements de comptes type Far west entre mecs éméchés. Bref, j'ai commencé à
vraiment douter de la poursuite du projet. De plus, ce qui m'intéressait aux
US, c'était de voir des villes avec un drugstore, un shérif, une compagnie
d'assurance et le fameux buisson qui roule dans l'allée centrale. L'une de ces
fameuses villes où le jour de la marmotte est celui que l'on attend toute
l'année.
Tout cela dans un autre genre mais pas non plus a des années lumières,
je pense l'avoir vu un peu en Russie. Des villes, pour
certaines de plusieurs millions d'habitants, où l'attraction principale est le
lever et le coucher du soleil pour entre temps aller faire du shopping sur la
Prospekt Lenina, je l'ai vu dans 98% des villes que j'ai traversé a l'est de
l'Oural.
De peur que ça soit un peu la même chose aux US, j'aurais peur de faire un voyage autour du vide, une ruée vers rien.
Le Kamtchatka étant pour l'instant impossible d'accès a la suite de plusieurs crash d'hélicos dûs, entre autre, à des éruptions soudaines. Les forêts de boulots n'en finissant plus, avant l'overdose, j'ai pensé plus judicieux de redescendre vers la Chine. C'est drôle comme les séries soviétiques et les hôpitaux peuvent parfois donner a réfléchir. J'espère que je ne t'ai pas trop gonflé vieux. Je redescends sur Vladivostok aujourd'hui, j'en ai pour au moins deux jours, ça te laisse un peu de temps pour ruminer contre mes théories fumeuses.... Bisous bisous...."
21 mai 2007
En partant d' Iekaterinbourg...
Le Voyageur Solitaire ne trouvant point ce qu'il cherchais, repart vite pour une autres déstination...
"Je suis
parti relativement rapidement de la ville, les activités ne se bousculant pas.
J'ai repris un train pendant 48 heures et là, j'ai de nouveau retrouvé ce que
j'avais ressenti la première fois :
Un profond silence.
J'étais dans un
compartiment avec une dame d'un certain age on ne peut moins bavarde et encore
moins souriante.
Mais qui aux heures des repas me prenait la main froidement
pour que je pioche de la bouffe
dans ses sacs et que nous la partagions en silence.
C'est pour ce genre de
chose que je suis reparti ici et tu ne peux pas imaginer a quel point ça m'a
fait plaisir de la revivre...
Elle a refusé d'être prise ne photo, après
48 h on est forcement pas très frais et que veux-tu, Les russes sont coquettes !
Mais tandis qu'elle refusait ma proposition, elle souriait... C'est beau non?"
Très bientôt d'autres nouvelles...




















































